Hemrick Verwaerde (Hemtonkiné) est masseur-kinésithérapeute du sport et ostéopathe, diplômé en 2013. Il accompagne surtout des sportifs : douleurs, blessures, retour au sport. Formé à la méthode McKenzie, à la thérapie manuelle (ITMP) et à La Clinique du Coureur, il vulgarise la santé et l’exercice auprès de plus de 700 000 abonnés. On l’a vu sur Canal+ Sport et dans Le Mag de la Santé, il est chroniqueur dans Bel & Bien et lauréat du Prix Influence & Santé 2025. Auteur de « Et si on se (re)mettait au sport ? », il court aussi des ultra-trails, du Marathon des Sables à l’UTMB.
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Sciatique : comment la soulager vraiment (et pourquoi t’étirer peut l’aggraver)
Sommaire +
Trois semaines que ça descend dans la fesse, derrière la cuisse, parfois jusqu’au mollet. Tu as cherché « sciatique » sur YouTube, tu es tombé sur des vidéos pour « décoincer le nerf », et depuis tu étires ton piriforme matin et soir. Sauf que ça ne passe pas. Certains jours, c’est même pire le lendemain.
Je vois ce scénario chaque semaine au cabinet. Ta sciatique n’a probablement rien de « résistant ». Ta stratégie, en revanche, est à l’envers.
Dans cet article, je t’explique ce qui se passe réellement dans ta jambe, ce que tu peux faire dès aujourd’hui pour soulager, les exercices à faire selon la phase où tu en es, et les quelques signes qui doivent te faire consulter sans attendre. C’est long, alors sers-toi du sommaire : si tu as mal maintenant, file directement à la partie « Soulager maintenant ».
Ce qui se passe vraiment dans ta jambe
La sciatique, c’est un symptôme, pas un diagnostic. Elle désigne une douleur qui suit le trajet du nerf sciatique, formé par des racines qui sortent du bas de ta colonne. Le plus souvent, l’une de ces racines est irritée par une hernie discale. Et l’irritation n’est pas seulement mécanique : autour de la racine, il y a une vraie réaction inflammatoire, chimique.
Résultat, ton nerf n’est pas coincé. Il est sensibilisé. Il réagit à des contraintes qu’il encaissait sans broncher il y a un mois : rester assis, te pencher pour mettre tes chaussettes, tendre la jambe.
Pense à un coup de soleil. Le t-shirt qui ne te dérangeait pas la veille devient insupportable. Tu n’as pas l’idée de frotter ton épaule pour « l’assouplir ». Tu attends que ça se calme en évitant le frottement, puis tu reprends le soleil progressivement. Avec le nerf, c’est la même logique.
On peut le chiffrer. Imagine que ton nerf tolérait 100 et que ta vie lui demandait 60. Aujourd’hui, sa tolérance est tombée à 40. Tes 60 habituels dépassent la limite, donc ça fait mal. Le plan tient en deux temps : baisser la demande sous 40 le temps que ça se calme, puis remonter la capacité bien au-delà de 60. Tout l’article découle de là.
Est-ce vraiment le nerf ?
Pas toujours, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Une douleur de fesse ou d’arrière de cuisse qui ne dépasse pas le genou vient souvent du dos lui-même : c’est une douleur référée, en général plus simple à gérer. À l’inverse, une douleur qui descend sous le genou, avec des fourmillements ou un engourdissement dans le pied, signe plutôt une atteinte de la racine.
Côté causes, la hernie discale domine largement chez les 30-50 ans (je t’explique tout sur elle dans mon article sur la hernie discale). Après 60 ans, on pense plutôt au rétrécissement du canal lombaire : la douleur apparaît en marchant et se calme en se penchant en avant, typiquement appuyé sur un caddie de supermarché. Quant au fameux syndrome du piriforme, il existe probablement, mais il sert surtout de diagnostic fourre-tout. Je le vois invoqué bien plus souvent qu’il n’est réellement en cause.
La bonne nouvelle : ton corps sait faire le ménage
Je vais te dire un truc qui surprend presque tous les patients qui arrivent au cabinet avec leur IRM sous le bras.
Une revue de 31 études a suivi des hernies discales lombaires traitées sans chirurgie, avec des IRM répétées. La hernie régressait spontanément dans 96 % des cas quand un fragment s’était détaché du disque (hernie « séquestrée »), dans 70 % des cas pour une hernie « extrudée », 41 % pour une simple protrusion et 13 % pour un bombement discal. Tu as bien lu : plus la hernie est spectaculaire, plus elle a de chances de disparaître. Ton système immunitaire repère le morceau sorti du disque comme un corps étranger et le digère. L’image qui fait le plus peur est souvent celle qui a le meilleur pronostic.
Nuance tout de suite : l’image ne dit pas tout. On peut avoir très mal avec une petite hernie, et plus rien sentir alors qu’elle est encore visible à l’IRM.
Combien de temps ça dure ?
La majorité des sciatiques aiguës s’améliorent nettement en quelques semaines à quelques mois. Mais je préfère être honnête avec toi, parce que les chiffres varient beaucoup selon ce qu’on mesure.
Dans une étude néerlandaise sur des sciatiques sévères qui duraient depuis 6 à 12 semaines, 95 % des patients se disaient rétablis au bout d’un an, qu’ils aient été opérés ou non. À l’inverse, dans la cohorte anglaise ATLAS, qui a suivi 609 patients vus par leur médecin généraliste, seuls 55 % avaient nettement progressé à 12 mois. Les deux études ne se contredisent pas vraiment. « Je me sens rétabli » et « mon score d’incapacité a baissé d’au moins 30 % » ne mesurent pas la même chose, et les patients n’étaient pas les mêmes. Ce que j’en retiens : la plupart s’en sortent, mais une partie traîne, et c’est pour elle qu’il faut agir tôt et bien.
L’étude ATLAS apporte un autre résultat qui me paraît capital. Parmi les facteurs qui prédisaient le plus une mauvaise évolution, on trouvait la conviction du patient que son problème allait durer longtemps. Attention, ça ne veut pas dire que « c’est dans ta tête ». Quand tu es persuadé d’en avoir pour des mois, tu bouges moins, tu te protèges, tu dors mal, et tout ça entretient la sensibilité du nerf.
Pour la suite, retiens trois phases : aiguë (moins de 6 semaines), subaiguë (6 à 12 semaines) et persistante (au-delà de 12 semaines). Si tu es dans la troisième, pas de panique : la suite de l’article est aussi pour toi. Je détaille ces phases, les signes qui montrent que tu es sur la bonne voie et ce qui fait traîner une sciatique dans combien de temps dure une sciatique.
Les signes qui imposent de consulter vite
Dans l’immense majorité des cas, une sciatique n’est pas une urgence, même quand elle fait très mal. Quelques signes changent pourtant complètement la donne. C’est la seule liste de cet article, et elle est là pour une bonne raison :
- Urgences le jour même si tu as du mal à uriner, des fuites urinaires ou fécales nouvelles, ou une perte de sensibilité au niveau du périnée, des parties génitales ou de l’intérieur des cuisses. C’est le tableau du syndrome de la queue de cheval.
- Une faiblesse qui s’installe ou s’aggrave : ton pied accroche le sol, tu n’arrives plus à marcher sur les talons ou sur la pointe. On parle de sciatique paralysante, et elle doit être vue rapidement.
- Une douleur dans les deux jambes.
- Une douleur insupportable qu’aucun antalgique ne calme.
- De la fièvre, une perte de poids inexpliquée, un antécédent de cancer, ou une douleur nocturne qui ne change pas quelle que soit ta position.
Tu n’as rien de tout ça ? Alors tu es dans le cas le plus fréquent, et tu peux commencer à agir dès aujourd’hui.
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La couverture, et la page 18 : ton parcours en un coup d’œil.
Un bilan pour savoir dans quelle phase tu démarres, le programme en 3 phases avec les doses, une vidéo pour chaque exercice, et un plan pour tout le reste : dormir, travailler, reprendre le sport, ne pas rechuter. C’est ce qui m’a manqué pendant mon année de sciatique.
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Soulager maintenant : les premiers jours
Pendant des décennies, on a prescrit le repos au lit. De base, l’idée n’était pas bête : on protège ce qui fait mal. On sait aujourd’hui que rester actif fait au moins aussi bien, et t’évite de perdre en quelques jours la condition physique dont tu auras besoin pour récupérer. Le bon réglage, c’est un repos relatif : tu évites ce qui fait flamber la jambe, tu gardes tout le reste.
La marche, en petites doses
Si la position assise est ta pire ennemie (très fréquent avec une hernie), la marche est souvent ton meilleur allié. Pas besoin de viser 10 000 pas. Marche 5 minutes, fais une pause, recommence, et répète ça 4 à 6 fois dans la journée. Au bureau, lève-toi toutes les 20 à 30 minutes plutôt que de chercher la chaise parfaite. Elle n’existe pas, et je le dis en ayant testé pas mal de chaises.
Les positions qui soulagent
Allongé sur le dos, pose tes jambes sur une chaise ou sur le canapé, hanches et genoux pliés à 90°. Si tu préfères le côté, allonge-toi sur le côté qui ne fait pas mal, avec un coussin entre les genoux. Ce sont des positions de confort, pas des traitements : elles ne « décompriment » rien de miraculeux. Mais quand tu n’as pas dormi depuis trois nuits, te sentir mieux vingt minutes, c’est déjà énorme.
Chaud ou froid ?
Ni l’un ni l’autre ne soigne une sciatique. L’argument du froid « anti-inflammatoire » tient mal pour une racine nerveuse située à plusieurs centimètres sous la peau. Prends celui qui te soulage. Si c’est la bouillotte, c’est la bouillotte.
Et les médicaments ?
Je suis kiné, pas médecin, donc ce qui suit n’est pas une prescription. C’est ce que disent les recommandations britanniques du NICE, parmi les plus suivies au monde. Elles déconseillent pour la sciatique les gabapentinoïdes (prégabaline, gabapentine), les autres antiépileptiques, les benzodiazépines et les corticoïdes par voie orale : le bénéfice n’est pas démontré et les effets indésirables, eux, sont bien réels. Pour le reste, et notamment les anti-inflammatoires, vois ça avec ton médecin ou ton pharmacien selon ton profil. Retiens surtout que le médicament sert à te rendre le mouvement possible. Il ne remplace pas le mouvement.
Les exercices, phase par phase
Ne cherche pas le meilleur exercice contre la sciatique. Cherche la bonne dose. Et pour la trouver, il te faut une boussole.
La règle la plus utile de tout cet article
Pendant et après un exercice, regarde où tu as mal, plus que combien tu as mal. Si la douleur remonte vers la fesse ou le bas du dos, même si le dos tire un peu plus, c’est bon signe : on parle de centralisation. Si elle descend plus bas dans la jambe, ou que les fourmillements s’étendent vers le pied, c’est trop. On arrête ou on modifie. Et tu juges aussi le lendemain matin : une jambe plus sensible au réveil veut dire que la dose de la veille était trop haute.
Phase 1 : calmer le nerf (phase aiguë)
Exercice 1 : le test de l’extension. C’est un classique de la méthode McKenzie, dans laquelle je suis formé. Allongez-vous sur le ventre une à deux minutes. Si c’est toléré, montez sur les coudes. Puis, si ça va toujours, poussez sur les mains pour tendre les bras en gardant le bassin collé au sol, et redescendez. Faites 10 répétitions en observant votre jambe. L’erreur la plus fréquente : contracter les fessiers et décoller le bassin. Le bas du dos doit rester passif, ce sont les bras qui travaillent. Si la douleur de jambe recule, tu as trouvé ta direction : 10 répétitions toutes les 2 à 3 heures. Si elle descend, stoppe et passe à l’exercice suivant. Précision importante : tout le monde n’a pas une direction qui soulage aussi nettement, et c’est justement ce que ce test sert à découvrir.

Exercice 2 : le glissement du nerf. Asseyez-vous au bord d’une chaise. Quand vous tendez le genou, relevez la tête et regardez le plafond. Quand vous pliez le genou, baissez la tête. Enchaînez 10 à 15 fois, en douceur. Le nerf coulisse dans sa gaine sans être tiré aux deux bouts en même temps. Ce qui m’intéresse ici, ce n’est pas l’amplitude : tu dois pouvoir le faire sans réveiller la douleur de jambe. Si ça tire, raccourcis le mouvement du genou.

C’est ici que tu comprends pourquoi tes étirements t’ont aggravé. Tendre la jambe, baisser la tête et relever le pied en même temps, c’est tirer le nerf aux deux extrémités. Un étirement des ischios ou du piriforme en phase aiguë fait exactement ça : il met en tension un nerf déjà sensibilisé. Ça peut soulager sur le moment, puis la jambe flambe le lendemain. Ces mises en tension ont leur place, mais plus tard, quand la jambe s’est calmée. J’explique pourquoi, et par quoi remplacer tes étirements, dans étirer le nerf sciatique : bonne ou mauvaise idée ?
Côté science, les preuves sur ces techniques de mobilisation neurale restent modestes. Une méta-analyse de 40 études montre une amélioration de la douleur et de l’incapacité dans les lombalgies chroniques, mais avec des études de qualité très variable. Je les utilise parce qu’elles sont simples, sûres, et qu’elles aident souvent à remettre en mouvement un patient qui n’osait plus bouger.
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Ce que j’explique à mes patients dès la première séance : ce qui se passe dans ta jambe, ce qui entretient la douleur, combien de temps ça peut durer, et comment te soulager dès maintenant.
Phase 2 : reconstruire (dès que la jambe se stabilise)
Quand la douleur de jambe recule ou reste stable plusieurs jours, on change de logique. On a baissé la demande, il faut maintenant monter la capacité de ton dos, de tes hanches et de ton nerf. Pour ça, il faut de la charge. Ton dos est un muscle comme un autre : si tu veux qu’il encaisse un déménagement, il faut l’y préparer.
Commence par le pont fessier : sur deux pieds, puis sur un seul. Enchaîne avec le bird dog (à quatre pattes, bras et jambe opposés tendus) et, surtout, apprends la charnière de hanche, le geste du soulevé de terre jambes semi-tendues, d’abord avec un bâton, puis avec une charge. Pas de salle de sport ? Un sac à dos rempli de bouteilles d’eau fait très bien l’affaire.

Côté dosage : 2 à 3 séances par semaine, 3 séries de 8 à 15 répétitions, avec des dernières répétitions vraiment difficiles. Si c’est facile, c’est trop léger. La boussole reste la même : pas de douleur qui descend dans la jambe, pas de jambe plus sensible le lendemain. Au fil des semaines, réintroduis progressivement les mises en tension du nerf que tu évitais en phase 1.
Tous les exercices, phase par phase, avec leur dose et le repère pour savoir quand monter d’un cran, sont dans mon article sur les exercices pour la sciatique.
Kiné, ostéo, infiltration, chirurgie : qui fait quoi ?
Kiné ou ostéo ?
C’est l’une des questions qu’on me pose le plus, et je suis mal placé pour y répondre : je suis les deux. Alors je vais être franc. Les techniques manuelles, qu’elles viennent d’un ostéo ou d’un kiné, peuvent soulager à court terme, et c’est utile. Mais elles ne changent pas la capacité de ton dos et de ton nerf à encaisser ta vie. Elles t’ouvrent une fenêtre pour bouger, rien de plus.
Mon critère pour choisir est donc simple, quel que soit le titre sur la plaque : va voir quelqu’un qui t’examine, t’explique ce qui se passe, et te fait bouger avec une progression. Si tu ressors de chaque séance avec un « on se revoit la semaine prochaine » et rien à faire chez toi, c’est un mauvais signe. Je détaille tout ça dans mon article sciatique : ostéo ou kiné ?
L’infiltration
Les recommandations du NICE proposent d’envisager une infiltration péridurale en cas de sciatique aiguë et sévère. Son effet est surtout à court terme. Je la vois comme un outil pour passer un cap : elle calme assez pour que tu puisses reprendre le mouvement, et c’est le mouvement qui fera le reste.
La chirurgie
L’étude néerlandaise dont je te parlais plus haut a comparé 283 patients avec une sciatique sévère depuis 6 à 12 semaines. Le premier groupe était opéré rapidement, le second suivait un traitement conservateur avec chirurgie seulement si nécessaire. Les opérés ont été soulagés plus vite, mais à un an, les résultats étaient similaires dans les deux groupes. Et dans le groupe conservateur, 39 % ont finalement été opérés.
La chirurgie n’est donc ni un échec ni une solution miracle. Elle se discute sérieusement avec un chirurgien en cas de déficit moteur, de douleur ingérable, ou quand rien ne bouge après plusieurs semaines de prise en charge bien menée. Et après une opération, la phase « reconstruire » reste indispensable.
Reprendre le sport (et la course) avec une sciatique
Beaucoup de coureurs sont surpris de voir que courir leur fait moins mal que rester assis devant leur écran. C’est logique : la course met la colonne en légère extension, et elle bouge. Le sport n’est donc pas interdit par principe. La vraie question, c’est de savoir si la séance d’aujourd’hui entretient ta sciatique ou si elle l’aide à se calmer.
Mon critère pour reprendre la course : 30 à 45 minutes de marche rapide sans que la douleur descende dans la jambe, et pas d’aggravation le lendemain. Tu repars ensuite en alternant marche et course, par exemple 1 minute de course pour 1 minute de marche, sur terrain plat. Garde les longues descentes et les sorties longues pour plus tard, et augmente à partir du moment où le lendemain reste calme.
Pour le vélo, c’est plus variable. La position penchée en avant soulage certains et réveille la jambe chez d’autres. La boussole reste la même. Pour la musculation, tu n’as aucune raison d’arrêter : tu adaptes. Personne ne t’oblige à faire un soulevé de terre à 120 kg la deuxième semaine, mais un soulevé de terre bien dosé fera probablement partie de ta guérison quelques semaines plus tard.
Éviter la récidive
On va encore te dire de « garder le dos droit » et de faire attention à ta posture. La posture qui fait mal, c’est surtout celle que tu gardes trop longtemps, quelle qu’elle soit. Huit heures assis parfaitement droit restent huit heures assis. Ce qui protège ton dos, c’est de varier : bouger souvent, changer de position, alterner.
L’autre levier, c’est de garder ta capacité au-dessus de ce que ta vie demande. Deux séances de renforcement par semaine, et un dos habitué progressivement à porter des charges. Soulever n’est pas dangereux en soi. Déménager seul une machine à laver quand ton dos n’a rien porté depuis six mois, en revanche, c’est la recette parfaite.
Enfin, ne sous-estime pas le sommeil et le stress. Ils ne créent pas la hernie, mais ils règlent le volume de la douleur. Une période de nuits courtes et de grosse pression au boulot, c’est souvent le moment où une vieille sciatique se réveille.
FAQ sciatique
Faut-il marcher quand on a une sciatique ?
Oui, dans la grande majorité des cas, et c’est même souvent ce qui soulage le plus quand la position assise est douloureuse. Fractionne : plusieurs petites marches de 5 à 10 minutes valent mieux qu’une grande. Si la marche fait descendre la douleur dans la jambe, raccourcis.
Combien de temps dure une sciatique ?
La plupart s’améliorent nettement en quelques semaines. Certaines traînent plusieurs mois. Au-delà de 12 semaines, on parle de sciatique persistante : ce n’est pas une fatalité, mais c’est le moment de changer de stratégie si rien ne bouge.
Pourquoi la sciatique touche-t-elle la jambe gauche (ou droite) ?
Le côté dépend simplement de la racine irritée, souvent du côté où la hernie déborde. Une sciatique à gauche n’a aucune signification particulière par rapport à une sciatique à droite. Une douleur dans les deux jambes, en revanche, doit te faire consulter.
Une sciatique peut-elle faire mal au genou ?
Oui. La douleur peut se projeter derrière ou sur l’extérieur du genou, dans le mollet, jusqu’au pied. Selon la racine touchée, elle descend plutôt vers le dessus du pied et le gros orteil (L5) ou vers la plante et le bord externe du pied (S1).
Quelle position éviter, et comment dormir ?
La position assise prolongée est souvent la pire, surtout avec une hernie. Pour dormir, essaie sur le côté non douloureux avec un coussin entre les genoux, ou sur le dos avec un coussin sous les genoux. La meilleure position est celle qui te soulage, il n’y en a pas d’universelle.
Quel anti-inflammatoire pour une sciatique ?
C’est une question à poser à ton médecin ou à ton pharmacien, selon ton profil et tes antécédents. Les recommandations internationales déconseillent en revanche la prégabaline, la gabapentine, les benzodiazépines et les corticoïdes par voie orale dans la sciatique.
Peut-on courir avec une sciatique ?
Souvent oui, une fois la phase aiguë passée. Le critère : 30 à 45 minutes de marche rapide sans que la douleur descende dans la jambe, puis une reprise en alternant marche et course.
Faut-il faire une IRM ?
Pas systématiquement au début. L’IRM devient utile en cas de signe d’alerte, ou quand une infiltration ou une chirurgie est envisagée. Avant ça, elle change rarement ce que tu dois faire, et elle peut inquiéter pour rien.
Arrête de décoincer, commence à désensibiliser
Si tu ne retiens qu’une chose : ton nerf n’a pas besoin d’être décoincé ni étiré. Il a besoin d’être calmé, puis entouré d’un dos plus fort que ce que ta vie lui demande. Moins de demande d’abord, plus de capacité ensuite, et la position de ta douleur comme boussole.
Si ta sciatique traîne et que tu veux aller plus loin que cet article, j’ai réuni dans un guide gratuit tout ce que j’explique à mes patients dont la douleur s’installe : pourquoi elle persiste, et le plan pour en sortir.
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Et en attendant, range ta balle de tennis pour le piriforme. Tu la ressortiras pour jouer au tennis, quand tu iras mieux.
Sources
- NICE. Low back pain and sciatica in over 16s: assessment and management (NG59). 2016, mise à jour 2020.
- Chiu CC et al. The probability of spontaneous regression of lumbar herniated disc: a systematic review. Clinical Rehabilitation, 2015;29(2):184-95.
- Konstantinou K et al. Prognosis of sciatica and back-related leg pain in primary care: the ATLAS cohort. The Spine Journal, 2018;18(6):1030-40.
- Peul WC et al. Surgery versus prolonged conservative treatment for sciatica. New England Journal of Medicine, 2007;356(22):2245-56.
- Basson A et al. The effectiveness of neural mobilization for neuromusculoskeletal conditions: a systematic review and meta-analysis. JOSPT, 2017;47(9):593-615.
- Assurance Maladie. Sciatique : comment la reconnaître ? ameli.fr.
Hemrick Verwaerde (Hemtonkiné) est masseur-kinésithérapeute du sport et ostéopathe, diplômé en 2013. Il accompagne surtout des sportifs : douleurs, blessures, retour au sport. Formé à la méthode McKenzie, à la thérapie manuelle (ITMP) et à La Clinique du Coureur, il vulgarise la santé et l’exercice auprès de plus de 700 000 abonnés. On l’a vu sur Canal+ Sport et dans Le Mag de la Santé, il est chroniqueur dans Bel & Bien et lauréat du Prix Influence & Santé 2025. Auteur de « Et si on se (re)mettait au sport ? », il court aussi des ultra-trails, du Marathon des Sables à l’UTMB.
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