Hemrick Verwaerde, kinésithérapeute du sport et ostéopathe avec plus de 12 ans d’expérience, est passionné par l’aide apportée à ses patients pour comprendre et optimiser le fonctionnement de leur corps. Spécialisé en thérapie manuelle, course à pied, Crossfit et tendinopathies, Hemrick a été invité sur BFMTV et partage ses connaissances avec plus de 500k abonnés sur les réseaux sociaux. Auteur du best-seller « Et si on se (re)mettait au sport ? », il propose également des programmes comme “Genoux sans douleurs” et offre des conseils pratiques à travers ses articles, podcasts et vidéos pour aider des milliers de personnes à adopter un mode de vie sain et actif.

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Tendinite : les 10 erreurs qui t’empêchent de guérir

Sep 24, 2026 | 0 commentaires

Sommaire +

Tu as une tendinite depuis des semaines. Tu t’es reposé, tu as glaçé, tu t’es étiré, tu as peut-être même fait des ondes de choc. Et ça revient dès que tu reprends. Ce n’est pas de la malchance : c’est que la quasi-totalité de ce qu’on te conseille pour une tendinite a été montrée inefficace, et que certaines de ces choses aggravent même le problème.

Deux sources ici, et je les sépare volontairement. La première, c’est ce que je vois au cabinet depuis bientôt 15 ans de pratique de kiné du sport : les tendons, j’en vois toutes les semaines, et je sais ce qui fait bouger les choses chez de vrais gens. La seconde, c’est un article de Jill Cook, chercheuse en physiothérapie à l’université La Trobe de Melbourne et LA référente mondiale du tendon — c’est elle qui a écrit une grande partie de ce qu’on sait aujourd’hui sur les tendinopathies. En 2018, elle a publié dans le British Journal of Sports Medicine un texte court et assez brutal : dix traitements à éviter chez les gens qui ont mal à un tendon. Tout ce qui suit vient de là, plus ce que j’en fais concrètement en consultation.

D’abord, le truc à comprendre sur ton tendon

Ta douleur de tendon, ce n’est pas une inflammation qu’il faudrait éteindre. C’est une histoire de capacité contre demande.

Ton tendon encaisse 100. Ton entraînement lui demande 100. Tu es pile à la limite, donc il te fait mal. Le repos, le froid, les anti-inflammatoires, les massages : tout ça agit sur le ressenti, jamais sur ce chiffre de 100. Donc quand tu reprends, la demande est toujours à 100, la capacité aussi, et la douleur revient. C’est mot pour mot ce que me racontent les patients : « ça allait mieux, j’ai repris, et c’est reparti. »

Tout le boulot consiste à monter cette capacité à 150. Et la seule chose qui fait ça, c’est la charge. Pas le repos.

Tu ne sais pas où en est ton tendon ?

Le Douleur-mètre, c’est le questionnaire que j’utilise pour situer une douleur en quelques minutes : depuis combien de temps, ce qui la déclenche, ce qui la calme, et si elle fait partie de celles qui méritent vraiment un avis. Tu réponds, et tu repars avec une lecture claire de ta situation.

Faire le test du Douleur-mètre →

1. Te reposer complètement

C’est le réflexe numéro un, et c’est le pire. Le repos complet diminue la raideur du tendon en moins de deux semaines, et dans les études d’alitement la dégradation commence dès 48 heures. En même temps tu perds de la force sur le muscle attaché, tu dégrades le fonctionnement de toute la chaîne, et ton cerveau lui-même devient moins bon pour gérer la charge.

Autrement dit : tu passes trois semaines à te reposer et tu reviens avec un tendon qui encaisse 70 au lieu de 100. Puis tu reprends au même niveau qu’avant. Tu as juste creusé l’écart.

Ce qu’on fait à la place : on réduit temporairement ce qui fait vraiment mal — les sauts, les changements d’appui, les relances — et on introduit tout de suite de la charge qui, elle, fait du bien. Les isométriques sont parfaits pour démarrer : tu tiens la position 30 à 45 secondes, cinq fois. Non seulement ça ne fait pas mal, mais ça a un effet antalgique mesuré dans les travaux de l’équipe de Cook. Quand la douleur est basse et stable d’un jour sur l’autre, on monte la charge.

2. Faire les mauvais exercices

« Faire des exercices » ne suffit pas. Encore faut-il les bons, et dans le bon ordre.

Un tendon, c’est un ressort. La charge la plus élevée qu’il subit, ce n’est pas quand tu soulèves lourd — c’est quand tu l’utilises vite : sauter, sprinter, changer de direction. Ça veut dire qu’un exercice lent, même avec des poids, reste une charge faible pour le tendon. C’est justement pour ça qu’on peut le faire tôt.

La progression, c’est donc isométrique d’abord, puis lourd et lent, puis seulement à la fin les mouvements rapides et élastiques. Beaucoup de gens sautent directement à l’étape 3 parce que c’est celle de leur sport, et se demandent pourquoi ça ne passe pas.

Un piège que je vois souvent : travailler en grande amplitude trop tôt. Quand le muscle est à sa longueur maximale, le tendon est compressé contre son insertion osseuse, et ça, c’est très agressif pour lui. Donc pas de squat ultra profond ni de fentes à fond de course les premières semaines, même lentement.

3. Compter sur tout ce qui est passif

Ultrasons, TENS, chaud, froid, ondes de choc. Cook est directe là-dessus : ces traitements n’aident pas sur le long terme, ils installent le patient dans une posture de récepteur passif, et surtout ils n’augmentent jamais la tolérance à la charge du tendon. Le soulagement dure le temps de la séance et s’en va dès que tu remets le tendon sous contrainte.

Je ne dis pas que je ne les utilise jamais — si une technique passive permet à quelqu’un de reprendre le travail actif dans de meilleures conditions, tant mieux, et je préfère l’assumer plutôt que faire semblant que la science valide tous mes choix. Mais le jour où le passif est le traitement, tu as un problème.

4. L’infiltration en premier réflexe

Les injections dans un tendon n’ont pas fait mieux que le placebo dans les bons essais cliniques, PRP compris. Et l’argument vendu avec — « on va remettre le tendon à neuf » — ne tient pas : on sait aujourd’hui qu’un tendon abîmé s’adapte, et qu’il lui reste largement assez de fibres saines pour encaisser de la charge élevée.

L’infiltration peut faire baisser la douleur à court terme parce qu’elle agit sur les nerfs. Ça se discute, mais après un vrai programme d’exercice bien mené qui n’a pas marché. Pas avant.

5. Ignorer ce que ta douleur te raconte

C’est l’erreur des gens motivés. Ils serrent les dents, ils continuent, et ils s’enfoncent.

Ton tendon a un décalage : la douleur d’un excès de charge arrive en général 24 heures après. Donc te fier à ce que tu ressens pendant la séance ne sert à rien. La bonne méthode, c’est un test de charge que tu refais chaque jour, toujours le même : dix squats sur une jambe par exemple, et tu notes ta douleur sur 10. Si elle monte de 2 points ou plus par rapport à d’habitude, c’est que la veille tu en as trop fait — et ce qu’il faut réduire en priorité, ce sont les trucs explosifs.

La règle que je donne au cabinet : une douleur qui reste sous 5 sur 10 pendant l’effort et qui est revenue à son niveau normal le lendemain matin, c’est acceptable. Au-dessus, on lève le pied.

On vient de voir la moitié des erreurs. Si tu préfères la version filmée pour la suite, j’ai déroulé les dix points en vidéo :

6. Étirer le tendon

Ça paraît contre-intuitif, et l’idée de départ n’était pas bête : on se dit qu’un tendon douloureux est raide, donc qu’il faut l’allonger. Sauf que quand le muscle est à sa longueur maximale, le tendon vient s’écraser contre l’os au niveau de son insertion. Tu ajoutes de la compression exactement là où ça fait mal.

C’est particulièrement vrai pour les tendinopathies d’insertion : l’Achille sur le calcanéus, les ischio-jambiers sur l’ischion, le moyen fessier sur le grand trochanter. Si tu as mal à la fesse en position assise jambes croisées et qu’on te fait étirer les ischios, il y a un souci quelque part.

7. Les massages transverses profonds

Les fameuses frictions de Cyriax, qu’on apprend encore en école. Sur un tendon réactif — donc déjà irrité, déjà surchargé — masser ou frictionner augmente la douleur et ne change rien à la structure. Comme pour le reste du passif, l’effet sur les nerfs peut soulager un moment, puis tout revient à la première charge élevée.

Si ton kiné passe vingt minutes à te frotter le tendon et que tu repars sans exercices, tu as payé pour du confort. Agréable, mais tu payes.

8. Te fier à l’échographie ou à l’IRM

Celle-là, elle va t’étonner. Une image anormale ne prouve pas que ton tendon est la source de ta douleur, parce que des tendons abîmés chez des gens qui n’ont aucun symptôme, il y en a partout. Et il n’y a aucun élément sur une image — ni la vascularisation, ni les fameuses « fissures » — qui permette de prédire comment tu vas évoluer. Pire : l’imagerie bouge très peu, même quand tu vas beaucoup mieux. C’est donc un mauvais indicateur de progrès.

Le diagnostic d’une tendinopathie se fait cliniquement, avec une triade simple : c’est douloureux à la palpation du tendon, à la mise en tension, et à la contraction. Si les trois sont là, tu as ton diagnostic et tu n’as pas besoin d’image. Si la présentation est bizarre, là oui, on regarde — pour éliminer autre chose, pas pour confirmer.

9. Avoir peur de la rupture

Beaucoup de gens se retiennent de charger parce qu’ils ont peur que ça pète. C’est presque l’inverse qui est vrai : la douleur est protectrice, elle te fait décharger le tendon toute seule. Et la grande majorité des gens qui rompent un tendon n’ont jamais eu mal avant et n’ont jamais consulté, alors que le tendon était déjà très abîmé.

L’intensité de ta douleur ne te dit rien sur la gravité de ta lésion. Avoir mal ne veut pas dire être sur le point de casser.

10. Vouloir aller vite

Un tendon a besoin de temps pour construire sa capacité. Le muscle aussi, la chaîne aussi, et ton cerveau aussi. Compte 3 à 6 semaines pour que la douleur devienne gérable, et plutôt 12 semaines, voire plus, pour un vrai gain de capacité qui tient dans le temps. Cook parle de trois mois ou plus, et précise que quand le programme est bien mené, les résultats à long terme sont bons.

C’est frustrant, mais c’est l’arbitrage : mieux vaut progresser tranquillement pendant douze semaines et repartir solide, que forcer pendant trois semaines et passer six mois à traîner la même douleur.

Alors on fait quoi, concrètement ?

Tu arrêtes de chercher à soulager, tu cherches à renforcer. Tu gardes une activité en réduisant ce qui est explosif, tu démarres par des isométriques, tu passes au lourd et lent, puis au rapide quand ton test de charge quotidien reste calme. Et tu tiens trois mois.

Le reste — le glaçage, les étirements, les frictions, l’échographie de contrôle — c’est autant de temps et d’argent en moins pour la seule chose qui marche vraiment.

Questions fréquentes sur la tendinite

Tendinite ou tendinopathie, c’est pareil ?

Dans le langage courant oui, mais le mot juste est tendinopathie. « Tendinite » sous-entend une inflammation, alors que dans la grande majorité des cas il n’y en a pas ou très peu. Ce n’est pas du chipotage de kiné : c’est précisément cette confusion qui pousse vers le froid, les anti-inflammatoires et le repos, c’est-à-dire vers trois traitements qui ne font pas grand-chose.

Je peux continuer à courir avec une tendinite ?

Souvent oui, en adaptant. Tu gardes le plat et le régulier, tu coupes le fractionné, les côtes et les descentes techniques, et tu appliques la règle du 5 sur 10 avec le contrôle du lendemain matin. Si ta douleur reste stable jour après jour, tu es dans le bon. Si elle monte de deux points, tu as fait trop la veille.

Combien de temps pour guérir d’une tendinite ?

3 à 6 semaines pour que la douleur devienne discrète, 12 semaines minimum pour que le tendon ait vraiment gagné en capacité. Le piège classique : la douleur part au bout d’un mois, tu arrêtes tes exercices, et tu rechutes à la première grosse semaine d’entraînement. Ce sont les deux derniers mois qui font tenir le résultat.

Et les anti-inflammatoires ?

Ils peuvent casser une douleur très vive sur quelques jours, en phase réactive, et parfois ça permet de redémarrer. Mais ils ne soignent pas le tendon et ils ne montent pas sa capacité. S’ils deviennent ce qui te permet de continuer à t’entraîner normalement, tu es en train de masquer le signal qui te dit de doser.

Quand faut-il consulter ?

Si la douleur te réveille la nuit, si tu as une vraie perte de force, un gonflement inexpliqué, des fourmillements ou une douleur qui descend dans le membre, fais-toi examiner. Et même sans signal d’alarme : si tu as fait les choses correctement pendant six à huit semaines et que rien ne bouge, un avis te fera gagner des mois. Un tendon qui traîne un an, c’est presque toujours un tendon qui n’a jamais été chargé correctement.

Pour aller plus loin

Si ta tendinite touche le haut du corps, j’ai détaillé deux cas fréquents : la tendinite du coude et la tendinite du poignet. Chez les coureurs, le grand classique reste le syndrome de l’essuie-glace. Et pour la partie renforcement proprement dite, va voir les exercices de renforcement des genoux ou ceux de la cheville selon ta zone.

Le programme de ta zone, pendant 12 semaines

Savoir qu’il faut charger, c’est une chose. Savoir par quel exercice commencer, combien de séries, et à quel moment passer aux mouvements rapides, c’en est une autre — et c’est là que la plupart des gens bloquent. Mes programmes suivent exactement la progression décrite ici : isométrique, puis lourd et lent, puis élastique, chaque exercice expliqué en vidéo, avec des repères clairs pour savoir si tu avances ou si tu forces trop.

Tu as une tendinite du genou — tendon rotulien, tendon quadricipital, patte d’oie : c’est le programme Genoux. Une tendinite de l’épaule — coiffe des rotateurs, long biceps : c’est le programme Épaules. Une tendinite du tendon d’Achille ou du pied — Achille, tibial postérieur, fascia plantaire : c’est le programme Chevilles & Pieds.

Programme Genoux → Programme Épaules → Programme Chevilles & Pieds →

Hemrick Verwaerde, kinésithérapeute du sport et ostéopathe avec plus de 12 ans d’expérience, est passionné par l’aide apportée à ses patients pour comprendre et optimiser le fonctionnement de leur corps. Spécialisé en thérapie manuelle, course à pied, Crossfit et tendinopathies, Hemrick a été invité sur BFMTV et partage ses connaissances avec plus de 500k abonnés sur les réseaux sociaux. Auteur du best-seller « Et si on se (re)mettait au sport ? », il propose également des programmes comme “Genoux sans douleurs” et offre des conseils pratiques à travers ses articles, podcasts et vidéos pour aider des milliers de personnes à adopter un mode de vie sain et actif.

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À propos de nos contenus

Chez hemtonkine.com, notre mission est d’aider chacun à mieux comprendre son corps pour mieux en prendre soin, à travers des contenus pédagogiques, rigoureux et accessibles.

Chaque article est rédigé par Hemrick Verwaerde, kinésithérapeute du sport et ostéopathe, formé à la thérapie manuelle, tissulaire, ostéopathie, et spécialisé en course à pied, CrossFit, tendinopathies et mobilité.

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Relecture littéraire par Marie, correctrice professionnelle, pour garantir la clarté, la fluidité et la qualité rédactionnelle.

Validation technique par des kinésithérapeutes experts du sport, reconnus pour leur expérience terrain et leur participation à des événements de haut niveau.

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Cet article reflète l’état des connaissances à la date de sa publication. Il ne remplace en aucun cas un avis médical personnalisé. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Contributeurs à la validation :

Pierre Poulain – Kinésithérapeute du sport & formateur chez Kinesport France

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Thibault Vignais – Kiné du sport, ostéopathe, fondateur de KOSS SPORT

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Hemrick Verwaerde – Kiné du sport, ostéopathe, auteur, conférencier, créateur de contenu santé

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